« Estrosi et Villepin, même musique... | Page d'accueil | Le site du jour...ti clin d'oeil et tiprix... »

08.04.2008

1968 - 2008 ou comment autrement comprendre la politique...

1968, les jeunes étudiants du monde développé contestaient en coeur une société trop autoritariste. Ils ont eu gain de cause, puisque partout, les libertés individuelles se sont accrues, que partout, l'autorité, qu'elle soit parentale, patronale ou gouvernementale, s'est décontractée.

Toutefois, le contenu de la dernière campagne présidentielle en France tend à démontrer qu'une majorité des gens condamne le chemin parcouru en quarante ans. Si la notion de liberté est plus vraie qu'elle ne l'était sans doute il y a quarante ans, les notions d'autorité, de respect et de retenue semblent avoir disparues. Les jeunes ne respectent plus leurs professeurs, ils ne respectent plus les personnes âgées, ils ne respectent plus rien, dit-on.

Le retour à l'autorité prôné par le candidat Sarkozy, voilà ce qui a plu à beaucoup. On comprend en cela pourquoi beaucoup de nos seniors ont voté pour lui. Dans l'un de ses derniers discours, le candidat rompait même totalement avec mai 1968. Ségolène Royal n'était pas en reste non plus avec son concept d'ordre juste, ou l'art de concilier et réconcilier l'esprit de gauche avec la notion d'autorité.

En un sens, l'élection présidentielle de 2007 fut un plébiscite pour le retour ou non à l'autorité, certains voyant en Sarkozy le meilleur défenseur de cette valeur, d'autres prédisant le risque d'un retour à un excès d'autoritarisme.

En 2008, notre Président connaît une baisse de confiance significative. Sur le plan personnel, ses affaires sont en contradiction avec sa conception traditionnelle qu'il nous a fourni de la famille pendant la campagne. Sur le plan économique, sa volonté interventionniste pour sauver Gandrange ou ses propos en faveur de la démission de Bouton se confrontent à la nouvelle donne libérale du monde. Et côté enseignants, on les imaginerait bien descendre dans la rue avec des pancartes 'interdit de nous dire ce qu'on doit faire'. La lettre de Guy Môquet autant que la mémoire d'un jeune enfant juif déporté ne font donc pas l'unanimité.

2008 donc, c'est finalement l'histoire d'un monde devenu libéral, d'une société qui veut conserver les libertés acquises sans sombrer dans l'anti-autoritarisme primaire, et de peuples qui se cherchent des leaders capables de jongler avec tout ça.

Ecrire un commentaire