22.05.2008

Clarté, courage et créativité...

Bertrand Delanoë vient de publier son appel pour un grand congrès socialiste.

http://www.clarte-courage-creativite.com/

Si le constat qu'établit Bertrand Delanoë de l'état économique et social de notre pays est relativement juste, ce n'est pas le mot 'clarté' qui caractérise le mieux l'appel. Les orientations préconisées sont encore à préciser. On est aussi malheureusement beaucoup dans la critique du sarkozysme, sans encore voir précisément les contours du chemin alternatif que pourrait nous proposer le Parti Socialiste.

Certes, l'appel ne consistue qu'une étape préliminaire aux prochaines échéances du Parti, mais les mots clarté, courage et créativité restent encore grandement à mettre en place. On pourra reconnaître toutefois à Bertrand Delanoë, et à la plupart des visages qui émergent au PS que la tendance est maintenant à une reconnaissance de l'économie de marché et d'un certain libéralisme de principe.

14.05.2008

QCM spécial OGM...

Hypothèses:
J'ai une OGM (Opposition Généralement Médiocre), composée de 75 députés présents dans l'hémicycle, et alliés au sein d'une UMP (Union pour la Motion de Procédure).

En face, 105 députés de droite, qui, rappelons-le, peuvent chacun voter par délégation pour l'un de leurs camarades.

Sachant que j'ai 577 députés élus par 59,98 % des Français, et que le résultat  du vote est le suivant: 136 voix pour la motion de procédure, 135 voix contre, soit un total de 271 voix exprimées, qu'obtiens-je au final ?


Réponses possibles:
a) j'ai un problème de representativité ?
b) j'ai un nouveau COUAC pour la majorité présidentielle (Complot Organisé et Unifié par André Chassaigne) ?
c) j'ai une CMP (Commission pour annuler la Motion de Procédure) ?

13.05.2008

Pourquoi seraient-ils aussi méchants ?

"A trois mois de l'ouverture des Jeux Olympiques, le gouvernement chinois tenterait d'envoyer des secours au plus vite dans la région du Sichuan, touchée hier par un violent séisme."

Voilà en gros ce que l'on peut lire ou entendre depuis hier. Les médias français ont donc une si mauvaise image de la Chine, qu'ils en arrivent à penser un instant que des membres du gouvernement tiendraient à peu près ce discours:

- "Tiens, vous avez vu, il y a eu un séisme dans le Sichuan. Vous croyez qu'il faut envoyer des secours rapidement ?"

- "Oh, je sais pas, c'est loin le Sichuan quand même. Et puis, quelques milliers de morts par rapport à notre population, c'est pas grand chose !"

- "Oui, et moi, j'aime pas trop leur cuisine en plus, c'est trop épicé !"

- "Attendez, il y a quand même les JO dans trois mois, si on fait rien, les Occidentaux vont encore trouver des raisons de nous critiquer."

- "Tu as raison, on envoie des secours. Et on va envoyer une note aux médias, disant que le gouvernement central envoie des secours au plus vite, afin d'aider les populations du Sichuan, dont nous adorons la gastronomie....tiens, et rajoute, tous les postes de télévision défectueux seront remplacés, afin qu'aucun Chinois ne soit privé de regarder les jeux."

Honnêtement, il y a dès fois où on se demande de quel côté est la propagande...

06.05.2008

Un an déjà...

Et oui, un an déjà, et quatre ans encore à venir pour continuer à réformer la France, et redonner de la grandeur à notre pays.

Le moral des Français est certes en berne, mais tous les indicateurs ne sont pas au rouge. La croissance n'est pas mauvaise en comparaison des autres grandes puissances économiques et le chômage continue de baisser. Alors, jouons d'optimisme pour faire un bilan positif de cette première année.

Nicolas Sarkozy a voulu décomplexer la fonction présidentielle, lui donner un caractère moins monarchique, lui offrir une communication plus aérée. Certes il y a eu des couacs, mais l'intention est louable, et nous avons aujourd'hui un président un peu plus en phase avec notre temps.

Le président avait annoncé des réformes; il y en a eu, dont certaines sur lesquelles des gouvernements précédents s'étaient cassés les dents, telle que la réforme des régimes spéciaux.

Pour la première fois, l'environnement est devenu une priorité d'un gouvernement. Là aussi, si beaucoup reste à faire, et si les financements restent à définir, le train est en marche.

Et puis, sur la scène internationale, que pouvons-nous sérieusement reprocher par exemple sur le fond au projet d'Union Méditerranéenne ?

Un an, des petits couacs, des petits soucis de communication et de priorisation, mais, sur le fond, il y a vraiment du bon. Autrement dit, pour le Président de la République, il s'agit surtout d'une question d'orchestration. Et sur ce point, la présidence de l'Union Européenne, qui débutera bientôt, sera un bon exercice pratique.

05.05.2008

Sous les pavés...

Si l'on fête aujourd'hui les un an du Président Nicolas Sarkozy, celui-là même qui voulait rompre avec l'esprit de 68, on se pose tous la même question. Qu'y a-t-il sous les pavés en mai 2008 ?

Alors, voici trois réponses que je vous soumets. A vous de choisir celle qui vous correspond le mieux:

Réponse 1: rien du tout, je n'ai pas le coeur à soulever des pavés moi. Si encore, on pouvait y trouver quelques grains de riz...

Réponse 2 : la plage encore bien sûr...j'ai gardé mon âme de poète révolutionnaire, prêt à combattre les inégalités et les injustices de ce monde capitaliste devenu fou, ou prêt encore à défier le tigre chinois pour lui dire que sa petite flamme a une odeur de soufre.

Réponse 3 : qu'est-ce que j'en ai à cirer...de toute façon, maintenant, il y a Paris-Plage !!

30.04.2008

C'est nouveau en politique...

Le Président a avoué des erreurs lors de son interview de jeudi. C'est nouveau en politique, et il est bon de le souligner.

Il y a quelques mois, je postais une note, exprimant mon agacement vis-à-vis de l'entêtement du politique à toujours vouloir essayer de justifier l'injustifiable et d'excuser l'inexcusable.

Certains diront qu'il ne faut y voir là qu'une pure opération de communication. D'autres, ses opposants, diront qu'il s'est excusé sur la forme, sur la communication, mais pas sur le fond. Il n'empêche que Nicolas Sarkozy aura ouvert ce jeudi une brêche.
La capacité de remise en question se rajoute désormais à l'éventail des qualités requises par le politique, et on ne peut que s'en réjouir...

14.04.2008

La maison brûle, et on achète des meubles...

Des dizaines de milliards pour concrétiser les mesures formulées lors du Grenelle de l'Environnement, des milliards que nous n'avons pas, que nous n'avons plus !!

Ces milliards qu'il nous fallait pour mieux isoler nos habitations, sur-consommatrices d'énergie, et pour améliorer notre réseau ferroviaire notamment, nous ne les avons plus. Pressés de les mettre dans des réformes délicates à faire passer, sinon en début de mandat, pressés de les mettre dans des réformes controversées, et dont les bénéfices restent difficiles à prouver, pressés en somme d'acheter des meubles à notre maison qui brûle...

08.04.2008

1968 - 2008 ou comment autrement comprendre la politique...

1968, les jeunes étudiants du monde développé contestaient en coeur une société trop autoritariste. Ils ont eu gain de cause, puisque partout, les libertés individuelles se sont accrues, que partout, l'autorité, qu'elle soit parentale, patronale ou gouvernementale, s'est décontractée.

Toutefois, le contenu de la dernière campagne présidentielle en France tend à démontrer qu'une majorité des gens condamne le chemin parcouru en quarante ans. Si la notion de liberté est plus vraie qu'elle ne l'était sans doute il y a quarante ans, les notions d'autorité, de respect et de retenue semblent avoir disparues. Les jeunes ne respectent plus leurs professeurs, ils ne respectent plus les personnes âgées, ils ne respectent plus rien, dit-on.

Le retour à l'autorité prôné par le candidat Sarkozy, voilà ce qui a plu à beaucoup. On comprend en cela pourquoi beaucoup de nos seniors ont voté pour lui. Dans l'un de ses derniers discours, le candidat rompait même totalement avec mai 1968. Ségolène Royal n'était pas en reste non plus avec son concept d'ordre juste, ou l'art de concilier et réconcilier l'esprit de gauche avec la notion d'autorité.

En un sens, l'élection présidentielle de 2007 fut un plébiscite pour le retour ou non à l'autorité, certains voyant en Sarkozy le meilleur défenseur de cette valeur, d'autres prédisant le risque d'un retour à un excès d'autoritarisme.

En 2008, notre Président connaît une baisse de confiance significative. Sur le plan personnel, ses affaires sont en contradiction avec sa conception traditionnelle qu'il nous a fourni de la famille pendant la campagne. Sur le plan économique, sa volonté interventionniste pour sauver Gandrange ou ses propos en faveur de la démission de Bouton se confrontent à la nouvelle donne libérale du monde. Et côté enseignants, on les imaginerait bien descendre dans la rue avec des pancartes 'interdit de nous dire ce qu'on doit faire'. La lettre de Guy Môquet autant que la mémoire d'un jeune enfant juif déporté ne font donc pas l'unanimité.

2008 donc, c'est finalement l'histoire d'un monde devenu libéral, d'une société qui veut conserver les libertés acquises sans sombrer dans l'anti-autoritarisme primaire, et de peuples qui se cherchent des leaders capables de jongler avec tout ça.

29.03.2008

L'UMP devrait écouter Mr Estrosi...

Ca ne bosse plus dans les fédérations !! C'est à peu près le propos tenu récemment par Mr Estrosi, le nouveau maire de Nice, qui a quitté, une fois élu ses fonctions de secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer.

Et oui, du temps de Sarkozy, nous étions devant le Gouvernement Villepin, et maintenant, l'UMP est clairement derrière le Gouvernement Fillon. Le rôle de l'UMP aujourd'hui: essayer de convaincre ses propres militants que ce que fait le gouvernement va dans le bon sens. Au final, c'est certain, l'UMP n'est plus la boîte à idées d'antan.

Comment relancer la machine, là reste la question...

28.03.2008

Pourquoi la Chine est sur la bonne voie...

Qui a connu la Chine il y a 20 ans sait combien le pays a changé. Un vent de liberté a soufflé sur l'Empire du Milieu. Certes, au sens strict du terme, la Chine reste une dictature, certes, la liberté d'expression est encore relative, mais la Chine mérite-t-elle qu'on s'acharne autant sur elle ?

Celui qui a vécu en Chine, ou même, qui a visité la Chine récemment, n'aura eu, je pense, à aucun moment le sentiment qu'il se trouvait dans une dictature. De plus, depuis quelques années, et depuis l'attribution des Jeux Olympiques à la ville de Pékin, on ne peut pas dire que la dictature chinoise se soit durcit. Le nombre d'exécutions sommaires n'a cessé de se réduire, et le pays a continué de s'ouvrir.

Alors, au-delà du débat sur le boycott, soit on est un vrai opposant à la dictature chinoise, et on condamne systématiquement toute atteinte au principe des droits de l'homme, soit on encourage la Chine à continuer la voie prise, celle qui garantit peu à peu plus de libertés au peuple chinois. En connaissance du peuple chinois et de sa culture, la seconde posture me paraît plus constructive, et plus réaliste. Elle est aussi la seule qui permet de conserver un niveau de confiance fort entre nos deux pays. Dans la culture chinoise, seuls de vrais amis peuvent se dire les choses vraiment, mais l'on est ami en Chine que lorsqu'il y a climat de confiance. Acquérons donc la confiance du peuple chinois, et nous n'aurons que plus de poids pour leur faire part de nos positions par la suite.

Par ailleurs et pour conclure, n'oublions pas que les droits de l'homme tend à être universel, mais n'est pas universel de fait. Ne parlons pas de droits de l'homme universel à une culture, dont la notion même de morale n'est pas universelle.